Gazon Esthétique

Scarabée japonais du gazon en France : identifier et agir au bon moment

Gazon français abîmé avec zones brunes et feuilles grignotées, un scarabée japonais adulte en arrière-plan.

Si vous voyez des plaques brunes sur votre pelouse qui s'agrandissent, que le gazon se soulève facilement comme un tapis et que des oiseaux viennent fouiller le sol, vous avez très probablement affaire à des larves de scarabées. En France, le vrai scarabée japonais (Popillia japonica) est un organisme de quarantaine officiel, détecté pour la première fois sur le territoire en juillet 2025 : si vous suspectez sa présence, vous devez le signaler aux autorités. Mais dans la plupart des cas, les ravageurs qui creusent votre gazon sont d'autres vers blancs, notamment ceux du hanneton commun, qui causent des dégâts très similaires. Ce guide vous aide à faire la différence, à agir au bon moment et à réparer votre pelouse.

Reconnaître le scarabée japonais et repérer ses dégâts sur le gazon

Scarabée japonais adulte sur un brin d’herbe de gazon, touffes de poils blancs visibles, élytres détaillés.

L'adulte de Popillia japonica est un coléoptère assez compact, d'environ 8 à 11 mm de long. Sa caractéristique la plus distinctive est la présence de petites touffes de poils blancs sur les côtés de l'abdomen, visibles à l'œil nu. Le dessus des élytres est brun cuivré brillant, avec la tête et le thorax d'un vert métallique iridescent. Ce n'est pas un insecte qu'on confond facilement avec le hanneton commun (Melolontha melolontha), qui est beaucoup plus gros et brun uniforme, mais la confusion est fréquente avec d'autres petits scarabées locaux comme le hanneton de la Saint-Jean (Amphimallon solstitiale).

La larve, elle, ressemble beaucoup à celle des autres scarabées : blanc crème, tête brun-roux, et corps recourbé en forme de C. Elle mesure entre 2 et 30 mm selon le stade de développement. C'est là que le diagnostic devient délicat, car la larve de Popillia japonica est quasiment impossible à distinguer visuellement de celle d'un hanneton commun sans examen minutieux (notamment la disposition des épines sur la face ventrale). Si vous trouvez des larves en C dans votre sol en France aujourd'hui, ne partez pas immédiatement du principe que c'est du scarabée japonais. Le contexte géographique et les signalements officiels doivent guider votre évaluation.

Les dégâts sur gazon sont, eux, bien reconnaissables. Les larves se nourrissent des racines de l'herbe, coupant l'alimentation en eau et en nutriments. Résultat : des plaques jaunâtres ou brunes qui apparaissent en août-septembre, s'agrandissent progressivement et donnent l'impression que le gazon est « mort ». Ces symptômes peuvent aussi ressembler à des dégâts de trou taupe dans le gazon, ce qui rend le diagnostic au pied du problème essentiel plaques jaunâtres ou brunes. En cas d'infestation sévère, vous pouvez littéralement soulever le gazon comme une moquette, les racines n'étant plus là pour le retenir. Les dégâts des adultes sur d'autres plantes du jardin (roses, vignes, arbres fruitiers) sont aussi un indice : ils grignottent les feuilles entre les nervures, laissant un aspect de dentelle brune très caractéristique.

Comprendre le cycle de vie pour savoir quand ça attaque

Le cycle de Popillia japonica dure généralement un an, parfois deux dans les régions plus froides, ce qui change les fenêtres d'action selon votre région. Voici comment ça se déroule dans nos conditions françaises :

  1. Juin-juillet: les adultes émergent du sol, s'accouplent, se nourrissent sur les feuillages pendant 4 à 6 semaines, puis les femelles pondent leurs œufs dans le sol (de préférence dans les pelouses bien arrosées et enherbées).
  2. Août-septembre: les œufs éclosent et les jeunes larves (L1, L2) commencent à se nourrir des racines, juste sous la surface. C'est la période où les premiers dégâts apparaissent sur le gazon.
  3. Octobre-novembre: avec la baisse des températures, les larves s'enfoncent plus profondément dans le sol (entre 10 et 15 cm) pour hiverner, passant au stade L3.
  4. Printemps (mars-mai): dès que la température du sol dépasse 10°C, les larves remontent vers la zone racinaire et reprennent leur festin. C'est une deuxième vague de dégâts souvent sous-estimée.
  5. Mai-juin: nymphose dans le sol, puis émergence des adultes en juin-juillet pour recommencer le cycle.

Pourquoi le gazon est-il particulièrement ciblé ? Parce que les femelles adorent pondre dans un sol légèrement humide, avec une bonne couverture herbacée. Un gazon bien arrosé et dense en plein été est l'endroit idéal. Si vous cherchez un bon compromis, l’idée est de privilégier un gazon qui supporte bien l’ombre et les racines du cèdre, afin d’éviter que le sol ne se dégrade un gazon bien arrosé et dense. C'est un peu ironique : plus vous chouchoutez votre pelouse en juillet, plus vous créez des conditions attractives pour la ponte. Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter d'arroser, mais ça explique pourquoi les pelouses les plus soignées sont parfois les plus touchées.

Diagnostic au jardin : différencier le scarabée japonais des autres ravageurs

Carré de gazon 30x30 cm sur une plaque brune, montrant des larves au diagnostic du scarabée japonais.

Avant de vous lancer dans un traitement, prenez le temps du diagnostic. La méthode la plus simple est le test du carré : délimitez une zone de 30 x 30 cm sur une plaque brune suspecte, arrosez légèrement, et découpez le gazon en profondeur (environ 5 cm). Retournez la plaque et comptez les larves. Plus de 5 à 6 larves au mètre carré, c'est un signal d'alerte. En cas de forte infestation, vous en trouverez bien davantage.

Les symptômes qui ressemblent à une attaque de vers blancs mais qui peuvent être autre chose :

  • Sécheresse estivale: le gazon brunit aussi par manque d'eau, mais il ne se soulève pas. Arrosez et attendez 10 jours : si ça reverdit, c'était la sécheresse.
  • Maladies fongiques (fusarium, helminthosporiose): les plaques ont souvent un aspect circulaire net et parfois un liseré ou un centre différent. Vérifiez sous le gazon : pas de larves, pas de perte de racines.
  • Vers de terre: leur activité laisse des petits monticules, mais n'abîme pas les racines. Bon signe au contraire.
  • Taupe: les galeries en relief sont caractéristiques. Cela dit, si des taupes sont très actives dans votre jardin, c'est souvent qu'il y a des vers blancs à chasser, donc les deux problèmes peuvent coexister.
  • Hanneton commun / hanneton de la Saint-Jean: les dégâts sont identiques à ceux de Popillia japonica, car les larves se comportent de la même façon. La distinction se fait sur l'adulte et sur la période d'émergence.

Si vous trouvez un adulte qui ressemble au scarabée japonais (petit, élytre cuivré brillant, touffes blanches sur les flancs), ne le relâchez surtout pas. Popillia japonica est un organisme nuisible réglementé, qualifié de ravageur de quarantaine prioritaire en France. Vous devez le signaler au SRAL de votre région (Service Régional de l'Alimentation, rattaché à la DRAAF), à FREDON ou à la DRAAF directement. Des plaquettes de reconnaissance sont disponibles en ligne pour vous aider à confirmer visuellement avant de signaler. Cette démarche n'est pas bureaucratique : elle permet de déclencher une surveillance officielle et d'éviter la propagation.

Méthodes de lutte selon la période de l'année

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe plusieurs niveaux d'action, du plus naturel au plus ciblé. L'efficacité dépend surtout du timing. Voici ce qui fonctionne, à quel moment, et pourquoi.

Prévention et entretien : la meilleure défense à long terme

  • Évitez d'arroser excessivement en juillet-août, surtout le soir: un sol trop humide en surface attire les femelles en ponte. Arrosez moins souvent mais plus profondément (principe du gazon racines profondes).
  • Tondez régulièrement mais pas trop ras: un gazon trop court en plein été est stressé et moins résistant. Laissez 6 à 7 cm en période chaude.
  • Aérez votre pelouse chaque automne: les larves trouvent plus difficile de s'installer dans un sol aéré et bien drainé.
  • Limitez le thatch (feutrage): une couche épaisse de matière organique non décomposée à la surface est un habitat idéal pour les larves. Scarifiez au printemps ou en automne.

Piégeage des adultes (juin-août)

Piège à phéromones pour Popillia japonica posé dans le gazon, avec vue sur le contexte de surveillance.

Des pièges à phéromones spécifiques à Popillia japonica existent et sont utilisés notamment dans le cadre de la surveillance officielle. Ces pièges attirent les adultes grâce à une capsule de phéromone sexuelle et doivent être exposés au soleil pendant au moins 10 à 15 heures par jour pour être efficaces. En France, leur usage dans le cadre des zones délimitées de surveillance suit les instructions des autorités (notamment la BOAgri 2024-472). Pour un particulier, si vous suspectez une présence de Popillia japonica, le signalement reste la priorité, et le piégeage doit s'inscrire dans la stratégie officielle, pas en substitution.

Lutte biologique : les nématodes, la solution à privilégier

C'est la méthode que je recommande en premier pour les jardiniers amateurs face aux vers blancs en général. Les nématodes entomopathogènes, notamment Heterorhabditis bacteriophora, sont des organismes microscopiques qui parasitent et tuent les larves de scarabées dans le sol. Des études ont confirmé leur efficacité sur les larves de Popillia japonica au champ, et des produits commerciaux comme Nemagreen (Biogard) ou Nemasys G (BASF) sont formulés spécifiquement pour cette cible.

Pour que ça fonctionne, il faut respecter des conditions précises : température du sol entre 14 et 33°C, sol humide avant et après l'application, application de préférence en soirée pour éviter que les UV ne tuent les nématodes. La fenêtre idéale est août-septembre, quand les jeunes larves (L1-L2) sont proches de la surface et encore vulnérables. Les larves L3 hiverner en profondeur sont plus difficiles à atteindre. Au printemps (mars-avril), une deuxième application peut cibler les larves qui remontent avant la nymphose.

MéthodePériode optimaleEfficacité sur larvesContraintes principales
Nématodes (Heterorhabditis bacteriophora)Août-sept / mars-avrilBonne sur L1-L2Sol humide, T° sol 14-33°C, utilisation rapide
Piégeage phéromonesJuin-août (adultes)Réduit les adultes et la ponteUsage officiel recommandé, placement précis
Aération + scarificationAutomne / printempsIndirecte (perturbation)Entretien régulier, pas de résultat immédiat
Limitation arrosage estivalJuillet-aoûtPréventive (moins de pontes)À équilibrer avec les besoins du gazon
Lutte chimique (insecticides autorisés)Selon produit et stadeVariableCadre légal strict, vérifier autorisations AMM

Lutte chimique : ce qui est autorisé en France

La lutte chimique contre les larves de scarabées dans les gazons est réglementée. En France, seuls les produits ayant obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour cet usage peuvent être utilisés. Avant d'acheter quoi que ce soit, vérifiez la base de données des substances actives de la Commission européenne et consultez l'étiquette du produit pour confirmer que l'usage « gazon/pelouse » est bien mentionné. Attention : pour Popillia japonica spécifiquement, la stratégie de lutte est pilotée par les autorités sanitaires dans les zones délimitées officielles. Aucun traitement chimique en solo ne remplace le signalement si vous suspectez le vrai scarabée japonais.

Réparer votre gazon après les dégâts des larves

Une fois les larves sous contrôle, le gazon a besoin d'aide pour repartir. Les racines détruites ne repoussent pas toutes seules si le sol est compacté ou épuisé. Voici les étapes à suivre, dans l'ordre. Après avoir identifié la cause, l’objectif reste de retrouver le plus beau gazon possible en relançant la croissance des racines et en regarnissant les zones atteintes.

  1. Évaluer l'étendue des dégâts: si moins de 50 % de la surface est touchée, la régénération sur place est possible. Au-delà, un regarnissage ou une resemence totale peut être nécessaire.
  2. Retirer les plaques de gazon mort: arrachez proprement les zones brunes qui ne tiennent plus, y compris les larves restantes que vous trouverez (ramassez-les et détruisez-les).
  3. Aérer le sol: passez un aérateur ou une fourche-bêche dans les zones abîmées pour décompacter la terre et favoriser la reprise racinaire.
  4. Gérer le thatch: si une couche de feutrage s'est accumulée, scarifiez légèrement avant de regarnir.
  5. Regarnir avec le bon mélange: semez un gazon adapté à votre usage et à votre exposition (ray-grass anglais pour une reprise rapide, fétuque rouge pour les zones ombragées et moins piétinées). Tassez légèrement.
  6. Arroser intelligemment: maintenez le sol humide en surface pendant 3 à 4 semaines pour la levée des semences. Des arrosages légers et fréquents valent mieux qu'un grand arrosage hebdomadaire à ce stade.
  7. Fertiliser doucement: un apport d'engrais azoté léger 3 à 4 semaines après la levée stimule la reprise, sans brûler les jeunes plantules.
  8. Éviter de tondre trop tôt: attendez que le nouveau gazon atteigne au moins 8 à 10 cm avant la première tonte, et coupez à 6 cm maximum la première fois.

Si les dégâts sont survenus à l'automne (ce qui est fréquent en septembre), vous avez encore le temps de regarnir jusqu'à mi-octobre dans la plupart des régions françaises. Pour favoriser un jardin gazon fleuri au fil des saisons, le regarnissage doit être complété par un sol bien remis en état et un arrosage régulier. Le gazon semé à l'automne a l'avantage de bénéficier des pluies automnales et d'une concurrence réduite des mauvaises herbes. Au printemps, les températures douces et l'humidité naturelle font aussi bien l'affaire pour rattraper les zones endommagées.

Plan d'action sur la saison : ce que vous faites maintenant et ce qui suit

On est début juin 2026. Voici concrètement ce que je ferais si j'avais un doute sur mon gazon aujourd'hui, région par région.

En ce moment (juin)

  • Inspectez les zones brunes encore présentes depuis l'automne dernier: soulevez une plaque et comptez les larves. Si vous en trouvez plus de 5 au mètre carré, prévoyez un traitement aux nématodes dès que la température du sol le permet.
  • Surveillez l'émergence des adultes: en juin-juillet, les scarabées commencent à apparaître. Si vous observez de petits coléoptères cuivrés avec des touffes blanches sur les flancs sur vos rosiers ou vos arbustes, photographiez-les et signalez-les immédiatement à votre DRAAF ou FREDON régionale.
  • Modérez l'arrosage: ne sur-arrosez pas votre pelouse en ce moment, surtout si vous êtes dans une région où Popillia japonica a déjà été signalé.

Juillet-août : la période clé

  • Si des adultes sont présents, limitez les traitements insecticides sur les fleurs et plantes mellifères (risque pour les pollinisateurs). Privilégiez le ramassage manuel le matin, quand les insectes sont moins actifs.
  • Dès début août, appliquez des nématodes (Heterorhabditis bacteriophora) sur les zones suspectes : c'est la fenêtre d'or pour atteindre les jeunes larves L1-L2 encore en surface. Arrosez bien avant et après l'application.
  • Notez les zones touchées pour organiser le regarnissage en septembre.

Septembre-octobre : réparer et prévenir

  • Procédez au regarnissage des zones abîmées: c'est la meilleure période pour semer en France (sol encore chaud, humidité croissante).
  • Aérez et scarifiez si vous ne l'avez pas fait depuis plus d'un an: un sol en bonne santé résiste mieux l'année suivante.
  • Éventuellement, une deuxième application de nématodes peut cibler les larves L2-L3 avant qu'elles n'aillent hiverner trop profondément.

Hiver et printemps suivant : vigilance et préparation

  • En mars-avril, surveillez les nouvelles zones brunes: les larves hivernantes remontent à la surface dès que le sol dépasse 10°C. Une nouvelle application de nématodes à ce moment est possible si besoin.
  • Fertilisez le gazon en regarnissage de printemps si des zones restent clairsemées.
  • Continuez de signaler tout adulte suspect en juin: la surveillance collective est la meilleure protection contre l'installation durable de Popillia japonica en France.

Un dernier mot : les dégâts de vers blancs sur gazon, qu'il s'agisse du scarabée japonais ou du hanneton commun, sont décourageants mais tout à fait réparables avec de la méthode et un peu de patience. La réussite d'un regarnissage dépend autant de la qualité du sol que du choix des semences, alors ne négligez pas l'étape de préparation du terrain. Et si vous avez des taupes en parallèle, souvenez-vous qu'elles chassent précisément ces larves : elles sont parfois le premier signe que quelque chose se passe sous votre pelouse, bien avant que les plaques brunes n'apparaissent.

FAQ

Le test du carré (30 x 30 cm) suffit-il pour décider d’une lutte, ou faut-il compter plusieurs zones ?

Mieux vaut multiplier le diagnostic, au moins 2 à 4 carrés répartis sur la zone la plus touchée. Les larves de scarabées sont rarement réparties de façon homogène, et un seul carré peut sous-estimer ou surestimer le niveau d’infestation. Si les comptes varient fortement, adaptez la stratégie (nématodes sur les zones les plus denses, regarnissage seulement après stabilisation).

Comment reconnaître une attaque de vers blancs de celle de dégâts de taupes, sans tout confondre ?

Les taupes ouvrent des galeries et soulèvent la terre en surface, tandis que les plaques brunes liées aux larves viennent plutôt de la perte des racines (gazon qui s’arrache en plaques). Un bon indicateur pratique, avant de traiter, est de vérifier si vous trouvez des larves en C dans le sol au même endroit que les “plaques” et pas seulement des mottes retournées. Si le sol est riche en larves dans les zones fissurées du gazon, l’origine est bien “vers blancs”.

Que faire si je n’observe pas d’oiseaux qui fouillent ou si les plaques ne s’élargissent plus ?

L’absence d’oiseaux ne signifie pas que le problème est terminé, les larves peuvent être à une profondeur différente selon le stade. Si les plaques ne s’élargissent plus, cela peut toutefois indiquer une baisse de l’activité larvaire, par exemple après une période plus froide ou un stade plus profond. Dans ce cas, refaites un comptage local (test du carré), puis concentrez-vous sur la réparation (aération légère, terreau adapté, regarnissage) plutôt que sur un nouveau traitement systématique.

Quand est le meilleur moment pour appliquer des nématodes entomopathogènes, si je suis en retard sur août-septembre ?

Si vous êtes en dehors de la fenêtre “jeunes larves proches de la surface”, l’efficacité baisse, car une partie des larves peut déjà être plus profond (stade L3). Avant d’acheter, vérifiez la température du sol et surtout l’humidité, puis privilégiez une application en soirée, sur un sol humide et après arrosage. Si la saison est trop avancée, le plan raisonnable est souvent de combiner une action tardive limitée (si conditions correctes) avec un regarnissage et une surveillance au printemps.

Puis-je mélanger les nématodes avec un engrais ou un autre produit (désherbant, fongicide, “activateur de sol”) ?

Évitez les mélanges “au hasard”. Les nématodes sont sensibles aux UV et peuvent être affectés par le pH, certains traitements chimiques ou les formulations qui altèrent la survie des micro-organismes. En pratique, faites une application d’eau seule, puis attendez quelques jours avant toute fertilisation ou traitement pour garder une fenêtre d’efficacité. Respectez aussi l’étiquette du produit commercial pour les incompatibilités annoncées.

Les pièges à phéromones sont-ils utiles pour un particulier qui ne sait pas s’il s’agit du scarabée japonais ou d’un autre vers blanc ?

Les pièges à phéromones sont principalement pensés pour la surveillance et, en cas de suspicion, ils ne remplacent pas le signalement. En outre, leur installation doit s’inscrire dans une stratégie encadrée dans les zones de surveillance. Si vous hésitez sur l’identification, le plus utile côté particulier est de faire la reconnaissance visuelle des adultes (photos, critères) et de signaler si le doute persiste, plutôt que d’essayer de “prouver” avec un piège seul.

Je trouve un adulte ressemblant au scarabée japonais, mais je ne suis pas sûr à 100%, que dois-je faire immédiatement ?

Ne relâchez pas l’insecte et préparez des éléments concrets pour l’autorité (lieu exact, date, photo nette de l’abdomen montrant les touffes blanches, taille approximative, plante(s) visitée(s)). Même sans certitude absolue, un signalement “suspicion raisonnable” est préférable, car c’est le déclencheur de la surveillance officielle. Conservez l’insecte uniquement si on vous l’a demandé, sinon privilégiez la photo et la description.

Pourquoi un gazon très arrosé et dense peut être plus touché, et comment agir sans tout changer ?

Les femelles pondent de préférence dans un sol légèrement humide avec une bonne couverture herbacée, donc un arrosage estival “parfait” peut favoriser la ponte. L’idée n’est pas d’arrêter d’arroser, mais de viser un arrosage plus ciblé (plutôt moins fréquent mais plus profond si votre sol le permet) et de maintenir une bonne aération. Cela réduit les conditions constamment favorables sans laisser le gazon en stress total, qui serait aussi un problème.

Si je n’ai pas de larves visibles au test du carré, dois-je quand même regarnir ?

Regarnir dépend de la cause probable. Si le test ne révèle rien, il peut s’agir d’un autre stress (sécheresse, maladie du gazon, dégâts de taupes, compactage) et regarnir “sur du vide” peut échouer. La décision la plus sûre est de recouper avec un deuxième point de contrôle (autre carré, observation de la facilité d’arrachage, vérification de la vigueur des brins) avant de semer ou poser une nouvelle couche.

Quelles précautions de réparation (sol et semences) éviteront que le problème revienne après regarnissage ?

Après un épisode de larves, le sol peut être compacté et appauvri, et les semences levées peuvent être fragilisées si le terrain n’est pas bien préparé. Travaillez sur un sol finement émietté, évitez de “recouvrir en épaisseur” sans contact terre-graine, et choisissez un mélange adapté au soleil et au type de sol local. Enfin, gardez un arrosage régulier au démarrage (jours courts, pas des grosses quantités), puis réduisez progressivement pour durcir les jeunes plants.

Citations

  1. Le « scarabée japonais » correspond à l’espèce **Popillia japonica** ; la larve est **blanc crème**, avec une **tête brun-roux** et une forme en **« C »**.

    Scarabée japonais (Wikipedia, fr) - https://fr.wikipedia.org/wiki/Scarab%C3%A9e_japonais

  2. La fiche FREDON rappelle des **critères de reconnaissance de l’adulte** (notamment des éléments sur la coloration/ponctuation et la pilosité) pour éviter la confusion lors de la détection.

    FREDON France — Plaquette de reconnaissance Popillia japonica (PDF) - https://www.fredon.fr/sites/default/files/Documents/plaquettes%20esp%C3%A8ces/plaquette_popillia_japonica_ff.pdf

  3. FREDON indique qu’en France des captures/observations ont été confirmées (et mentionne des critères visuels, dont des **touffes de poils blancs sur le côté des élytres**).

    FREDON PACA — Surveillance Popillia japonica - https://fredon.fr/paca/nos-missions/la-surveillance-du-territoire/popillia-japonica

  4. Le protocole EPPO inclut des **caractéristiques pour toutes les étapes de vie** et des sections dédiées aux **inspections visuelles des adultes** et à la **démarche de surveillance/contrôle**.

    EPPO Bulletin — PM 9/21(1) Popillia japonica: procedures for official control - https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/epp.12345

  5. Sous nos climats, le **cycle dure ~1 an** : les adultes vivent environ **4 à 6 semaines**, après quoi ils pondent et les stades immatures passent l’hiver dans le sol (selon le climat local).

    Neuchâtel (NE) — Informations sur scarabée japonais Popillia japonica (PDF) - https://www.ne.ch/autorites/DDTE/SAGR/production-vegetale/Documents/Informations%20sur%20Scarab%C3%A9e%20Japonais%20-%20Popilla%20Japonica.pdf

  6. FREDON rappelle que **Popillia japonica est un organisme de quarantaine prioritaire** : en cas de symptômes/doute, il faut **signaler** aux autorités compétentes (SRAL/DRAAF ou FREDON).

    FREDON Occitanie — Le scarabée japonais (Popillia japonica) : surveillance sanitaire - https://www.fredonoccitanie.com/surveillance/arboriculture/le-scarabee-japonais-ou-popillia-japonica/

  7. Le Ministère indique que l’insecte s’attaque à des **gazon/pelouses** parmi d’autres plantes, et que la première détection sur le territoire français a été **en juillet 2025**.

    Ministère de l’Agriculture — Le scarabée japonais, une menace pour les plantes - https://www.agriculture.gouv.fr/le-scarabee-japonais-une-menace-pour-les-plantes

  8. Les **larves** se nourrissent des **racines de l’herbe** et provoquent un jaunissement/ brunissement : la partie aérienne devient **brune** et peut dépérir.

    NC State Extension — Japanese beetle (fiche) - https://content.ces.ncsu.edu/japanese-beetle

  9. Pour les dégâts sur gazon : le gazon peut former des **plaques décolorées** qui **s’agrandissent**, avec un gazon qui peut devenir suffisamment affaibli pour être **soulé/enroulé** plus facilement en cas d’infestation sévère.

    Agroscope Transfer (CH) — Le scarabée japonais : biologie, surveillance & lutte (PDF) - https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/de/home/aktuell/newsroom/2024/05-06_japankaefer_ueberwachung/_jcr_content/par/columncontrols/items/0/column/externalcontent.bitexternalcontent.exturl.pdf/aHR0cHM6Ly9pcmEuYWdyb3Nzb3BlLmNoL2AvQWpheC9FaW56ZW56ZWxwdWJsaWthdGlvbi9Eb3dubG9hZD9laW56ZWxwdWJsaWthdGlv/bklkPTY0MTg5.pdf

  10. La fiche de diagnostic indique que **au printemps, quand la température du sol dépasse 10°C**, les larves se réactivent et remontent vers la zone racinaire (utile pour choisir la fenêtre d’action).

    DRAAF Bourgogne-Franche-Comté — Fiche de diagnostic Popillia japonica (PDF) - https://www.draaf.bourgogne-franche-comte.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/fiche_diagnostic_popija_popillia_japonica.pdf

  11. Le cycle comprend : **œuf → trois stades larvaires → nymphe → adulte** ; les larves **passent l’hiver enfouies** dans le sol (précisé dans la ressource).

    INRAE/Ephytia — « Connaître son cycle » (Agiir) - https://ephytia.inrae.fr/fr/C/27016/Agiir-Connaitre-son-cycle

  12. FREDON rapporte une logique saisonnière : les œufs/larves et la **relocalisation au printemps** sont liés à la température, avec un retour vers la zone racinaire puis la nymphose au printemps/fin de printemps selon climat.

    FREDON Occitanie — Cycle & biologie (surveillance) - https://www.fredonoccitanie.com/surveillance/arboriculture/le-scarabee-japonais-ou-popillia-japonica/

  13. Le pic d’activité des adultes est souvent en **juillet**, mais l’activité peut s’étendre environ **de mi-mai à septembre** selon climat ; et l’hivernage des larves est en **stade larvaire** enfoui à environ **10–15 cm**.

    popillia.eu — Seasonal development of the Japanese beetle - https://www.popillia.eu/about-the-japanese-beetle-popillia-japonica/about-the-japanese-beetle-popillia-japonica/seasonal-development-of-the-japanese-beetle

  14. Le DRAAF Grand Est indique que le scarabée japonais demande **1 à 2 ans** pour passer d’œuf à adulte selon la température, ce qui peut modifier les fenêtres d’observation et de traitement.

    DRAAF Grand Est — Guide mesures de lutte ZD Popillia (mars 2026) - https://draaf.grand-est.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/guide_mesures_de_lutte_zd_popillia_mars2026.pdf

  15. ANSES indique des repères de biologie/diagnostic (notamment sur les **œufs** et **caractéristiques morphologiques des larves**, dont la forme générale en **C**).

    ANSES — Saisine SANTVEG 2021-SA-0090 (Popillia japonica) - https://www.anses.fr/fr/system/files?file=SANTVEG2021SA0090Ra.pdf

  16. FREDON rappelle que les adultes sont détectables par **surveillance** et que les autorités structurent la lutte ; cela inclut des éléments pour distinguer de la faune locale (avec risque de confusion si on se base uniquement sur les dégâts de pelouse).

    FREDON Occitanie — Popillia japonica (surveillance) - https://www.fredonoccitanie.com/surveillance/arboriculture/le-scarabee-japonais-ou-popillia-japonica/

  17. Pour le diagnostic des « vers blancs », la ressource décrit l’arrachage/soulèvement de plaques et mentionne des critères de symptômes/présence d’**oiseaux fouilleurs** (à utiliser comme indice, mais pas comme preuve de Popillia japonica).

    AP Gazon — Vers blancs & hannetons : diagnostic et traitement - https://ap-gazon.fr/conseils/vers-blancs-hannetons-diagnostic-nematodes/

  18. La fiche allemande indique que les larves de Popillia japonica ont une **forme en C** typique et une taille **entre 2 et 30 mm** (utile pour comparer avec d’autres « vers blancs »).

    Landwirtschaftskammer Nordrhein-Westfalen — Japankäfer (fiche) - https://www.landwirtschaftskammer.de/landwirtschaft/pflanzenschutz/hausgarten/schadprobleme/japankaefer.htm

  19. Les dégâts larvaires commencent souvent par **clairsemement**, puis **jaunissement** et peuvent culminer en gazon **soulivable** à cause de la perte de racines (ronds/plaques qui s’étendent).

    Agroscope Transfer (CH) — Biologie, surveillance & symptômes (PDF) - https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/de/home/aktuell/newsroom/2024/05-06_japankaefer_ueberwachung/_jcr_content/par/columncontrols/items/0/column/externalcontent.bitexternalcontent.exturl.pdf/aHR0cHM6Ly9pcmEuYWdyb3Nzb3BlLmNoL2AvQWpheC9FaW56ZW56ZWxwdWJsaWthdGlvbi9Eb3dubG9hZD9laW56ZWxwdWJsaWthdGlv/bklkPTY0MTg5.pdf

  20. Les dégâts peuvent aller jusqu’à un brunissement ou une **défoliation** marquée des plantes hôtes (ce qui aide aussi à distinguer adultes vs autres scarabées, même si les dégâts de pelouse proviennent surtout des larves).

    University of Delaware Extension — Japanese beetle (fiche) - https://www.udel.edu/academics/colleges/canr/cooperative-extension/fact-sheets/japanese-beetle/

  21. Le document EPPO décrit des mesures d’**éradication/containment** (et mentionne des interventions telles que **aération** et **traitements** en stratégie de lutte), ce qui sert de cadre pour choisir le « bon stade ».

    EPPO Bulletin — PM 9/21(1) Popillia japonica (EPPO) - https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/epp.12345

  22. En cas de doute, FREDON fournit des canaux de signalement (et donc une voie de clarification de l’identification pour éviter les erreurs de lutte).

    FREDON Bourgogne-Franche-Comté — Popillia japonica : vigilance & signalement - https://www.fredon.fr/bourgogne-franche-comte/actualites/popillia-japonica-vigilance-signalement

  23. La plaquette de reconnaissance vise explicitement à réduire les confusions en donnant des **critères visuels** pour l’adulte (plus fiables que l’observation seule des dégâts de pelouse).

    FREDON France — Plaquette de reconnaissance Popillia japonica (PDF) - https://www.fredon.fr/sites/default/files/Documents/plaquettes%20esp%C3%A8ces/plaquette_popillia_japonica_ff.pdf

  24. Le guide liste des nématodes (ex. **Heterorhabditis bacteriophora**) commercialisés pour des **larves de vers blancs** et indique des **conditions d’utilisation** (dont fenêtre température du sol **14–33°C** et application de préférence le soir + irrigation).

    Forum Gazon — Guide des produits phytopharm (brochure, nématodes) - https://www.forumgazon.fr/images/doc/brochure/Guide_produits_phytopharm.pdf

  25. Des essais rapportent que des **nématodes entomopathogènes** (Steinernema/Heterorhabditis) peuvent infecter des larves de Popillia japonica au champ (utile comme base scientifique pour la lutte au stade larvaire).

    ScienceDirect — Infection of entomopathogenic nematodes… (Popillia japonica larvae) - https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022201185710816

  26. Une étude sur la compatibilité montre que l’efficacité des nématodes entomopathogènes dépend de certains **amendements du sol** (utile pour planifier fertilisation/traitements sans nuire aux nématodes).

    PMC — Compatibility of Soil Amendments with Entomopathogenic Nematodes - https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC2619768/

  27. Le produit Nemagreen est basé sur **Heterorhabditis bacteriophora** et est conçu pour lutter contre des larves de scarabées ; la logique opérationnelle est l’application sur sol humide pour assurer la pénétration.

    Biogard — Nemagreen (fiche produit) - https://www.biogard.it/prodotto/nemagreen/

  28. Le label d’un produit à base de **Heterorhabditis bacteriophora** est explicitement présenté pour le contrôle du **scarabée oriental** et du **scarabée japonais (Popillia japonica)** sur pelouse ; il s’agit d’un exemple de formulation EPN pour une cible « grubs ».

    BASF Nemasys G — Label PDF (nématodes) - https://www.better-turf.basf.ca/content/dam/cxm/agriculture/better-turf/canada/english/label-files/BASF_Nemasys_G_Label.pdf

  29. Une instruction BOAgri décrit le **piégeage** : pièges basés sur une **capsule de phéromone spécifique**, et placement pour une exposition **d’au moins 10h à 15h au soleil** selon la fiche.

    BOAgri — Instruction 2024-472 (piégeage Popillia japonica) - https://info.agriculture.gouv.fr/boagri/instruction-2024-472/telechargement

  30. ANSES traite de la **lutte chimique** : mention que des substances/produits peuvent être utilisés selon le contexte et que, pour les adultes/larves, l’approche dépend du **stade** et des moyens disponibles (en France sur la base des cadres d’autorisation).

    ANSES — Saisine SANTVEG 2021-SA-0090 (Popillia japonica) - https://www.anses.fr/fr/system/files?file=SANTVEG2021SA0090Ra.pdf

  31. La base de données UE permet de vérifier les **substances actives** et le statut (dont informations sur autorisations/MRL et autres cadres) ; c’est utile pour vérifier ce qui est autorisé pour les traitements au moment du choix de la méthode.

    Commission européenne — EU Pesticides Database - https://food.ec.europa.eu/plants/pesticides/eu-pesticides-database_en

  32. EPPO fournit un cadre de procédures de contrôle ; la combinaison **détection → confinement → éradication** est documentée, ce qui influence la stratégie (y compris le choix des périodes/stades d’action).

    EPPO — PM 9/21(1) contrôle des systèmes (page ressource) - https://www.eppo.int/RESOURCES/eppo_standards/pm9_control_systems

  33. La disparition des racines par les larves entraîne la réduction de vigueur et la nécessité d’un **renouvellement/repousse** (base agronomique pour la réparation après dégâts de « grubs »).

    NC State Extension — Japanese beetle (fiche) - https://content.ces.ncsu.edu/japanese-beetle

  34. — (point non pertinent : aucune donnée directe supplémentaire dans les sources collectées ici)

    INRAE (accès général) - https://www.inrae.fr/

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